Les Schismatiques

I

Ils étaient là, parqués dans un désordre intime,
Railleurs, hagards, flétris, quand hurlant sur leurs têtes,
Le féal régicide illunait ses prophètes,
Au remords éternel du Tentateur sublime.

Pareil au crime ardu qui sur la croix s’anime,
Écumant du venin les haineuses défaites,
Le Dieu jaloux puisait dans ses noirceurs secrètes,
Leurs pleurs, forfaits pervers de son nappage ultime.

De par la terre ocreuse en farouches troupeaux,
Vers le bûcher crachant de lugubres copeaux,
Les damnés s’attroupaient à l’écart de Sion,

Préférant des soirs d’or, la Muse travestie
Du brasier flamboyant d’un regard de lion,
Au stigmate entachant leur funéraire hostie.

 

II

Loin des monts éternels, en un soufre d’Enfer,
D’Autres, mornes, vaincus par leurs désirs brutaux,
Sentaient gronder en eux d’implacables marteaux,
Comme il sied au Calvaire ineffaçable et fier.

Aussi, de par l’horreur du sacrilège offert,
La discorde en leur joute adjoignait les tréteaux
Du gibet solennel aux funestes étaux,
Que massaient des soupçons poinçonnés par le fer ;

Et je vis, me pressant aux parois oniriques,
Un gigantesque arceau de lunes phosphoriques,
D’où n’eut lui quelque spectre aux éclats d’ostensoirs,

Et les dames d’atours de hontes affectées,
Renfonçaient par trois fois les célestes clous noirs,
Au sanglant crucifix des Névroses lactées !

 

THOMAS FALLET

Poème inédit

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