La Tour scindée

Durant ces froides nuits de pénible amertume,
Qu’il m’est placide et grave en un râle attristant,
De sentir d’une plaie obsédante et posthume,
S’épancher la clameur de mon cœur subsistant.

Comme la tour s’encastre en cédant à l’assaut,
Dans un front monstrueux de grisaille et d’alarmes,
Il gît par sa décharge en d’infirmes sursauts,
À la pâle clarté de mes plus traîtres larmes !

Et je sens défaillir, d’un ulcère écumeux,
Mes efforts se noyant dans l’horizon brumeux
Et l’aiguillage abstrus de ma boussole en vrille,

Ainsi qu’un vieux damné qui se terre et fourmille
Au gré des longs ennuis, dans un désert d’oubli,
Et qui sonde en muet, son désastre établi.

 

THOMAS FALLET

Poème inédit

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s