Sentence

Vous êtes la plus belle, ô Nymphe claire et pure,
Mais mon désir fuyant, enivré des limons,
Comme la mer reflue et par sa meurtrissure,
Épanche mes baisers sur ses noirs goémons.

– Mon esprit s’évapore et votre corps s’éloigne,
Comme une valse expire en ses accordéons,
Et la mortalité de mes amours me gagne,
Sur les quais ennuyés des bruyants orphéons.

Et j’entends soudain naître et geindre autour de moi,
Le fracas monstrueux des marteaux et des planches,
Me plongeant sans remord au gouffre de l’émoi !

– De mon cœur enlisé par ce flot d’avalanches,
Quand la ville s’éveille, ô Beauté tu ne viens
Qu’embrasser ma douleur dont les cercueils sont tiens !

 

THOMAS FALLET

Poème inédit

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