Et si…

Blessure des motsEt si comme une sœur magnifique et troublante,
La foi s’illuminait dans les matins royaux ;
Si les yeux rendus saints par d’infinis joyaux,
Laissaient voir des bontés que nul or ne supplante.
Et si l’égal savoir d’heure en heure accompli,
Mi-songeant, mi-riant, égayait chaque école,
Plus capiteux, plus chaud qu’un feu qui caracole
Et dont l’élève aurait le visage embelli.
Si goulue au soleil, l’enfance à pleines lèvres
Baisait le nid fleuri de la suavité,
Au point que l’homme hier éteint puis dévasté,
En elle tout à coup, sût rallumer ses fièvres.
Et si le tribunal ruisselant de badauds,
Allait faire tonner l’adorable justice
Afin que moi, le faible, au despote je disse :
« Sous le poing de la loi, tu courberas le dos. »
Et si du beau travail cultivé pour lui-même,
Chacun labourait seul les fécondants chemins,
L’étincelle à la joue et la ferveur aux mains,
Clamant de tout son être : « oui, c’est cela que j’aime ! »
Et si l’amour total jusqu’à nous chavirer
Prodiguait à foison magie et découverte ;
O si face à la joie immensément offerte,
L’amour comme éternel voulait bien demeurer !

.

THIÉRRY CABOT

La blessure des mots, ÉLP éditeur, 2013, 3,49 € – 4,59 $.
Pour de plus amples informations, ou pour lire des extraits de cet ouvrage, voir la page qui lui est consacrée sur le site d’ÉLP éditeur.

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