Chimères verbales

cover_laurendeau_helicoidalSi la terre est bleue
Comme une orange,
Il va falloir ipso facto
Que je m’arrange
Pour me faire
Refaire
Une paire
De lunettes,
Monsieur Éluard,
Sans vouloir
Vous parler bête.

C’est comme la mouche infinie
De Spinoza.
Je ne l’ai pas trop entendue bombiner,
Celle là.
Et le cercle carré
De ma prime jeunesse
Il est passé, il a roulé
Dans le même tuyau que l’eau sèche.

Une chimère verbale, c’est bien ronflant,
Bien percutant
Mais bon, la poéticité qu’on en tire,
Je dois dire
Qu’elle me rend passablement
Somnolent.
Exiger que je fasse autrement
Ce serait un peu de me demander
De pousser
Quand je tire.

Tiens, ça me rappelle une boutade un peu ridicule
Sur ce cultivateur dont le cheval, très fort, devint fou
Car, portant le nom du mythologique héros,
Il se faisait dire: Avance Hercule
Par le maître qui l’avait ainsi dénommé,
Et passablement dérouté
Itou.

La chimère verbale, au mieux, c’est une provoque.
Au pire c’est une aporie,
Dont le sens est opaque, tout gris
Comme le souffle d’une cheminée
Essoufflée, qui suffoque
Et qui ne tire pas sa référence.

Avant que je n’entre en transcendance
De par la faiblarde équivoque
D’époque
Que la chimère verbale évoque,
Le Pain de Sucre de Rio
(Qui est un roc)
Sera devenu rance…

 

PAUL LAURENDEAU

L’hélicoïdal inversé, poésie concrète, ÉLP éditeur 2013, 4,99 € – 6,49 $.
Pour de plus amples informations, ou pour lire des extraits de cet ouvrage, voir la page qui lui est consacrée sur le site d’ÉLP éditeur.

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