Une bête, du sel, une tête

Imagiaire eaux-pierresEn dessous
De la Rue Dareau,
Dans les catacombes
De Paris,
Elle grimace,
Elle se moque et rit.
Elle a du vieux roc friable
En guise de peau.
Elle a un trou fatal
Au milieu du front.
Elle est sagouine,
Elle est vernaculaire,
On ne sait pas
Ce qu’elle va encore nous faire.
C’est un monstre,
Une harpie,
Un animal,
Un démon,
Une bête…

Le vrai de vrai mystère, c’est celui de ses origines.
On sait pas si c’est du grand art ancien
Ou une banale esquisse de trois fois rien.
On sait pas si elle est brute, on sait pas si elle est fine.
Ce qu’elle suscite, c’est une chaude angoisse esthétique
Comme un plat cuisiné aux étranges fumets
Dont on comprendrait mal l’effet sur nos palais.
C’est quoi exactement cette mystérieuse épice?
Du sel…

Elle nous regarde. Elle nous questionne.
Elle nous oblige à cogiter
Et on se sent comme agité(e)s
Parce que nos références habituelles déconnent.
C’est un petit mystère en une seule pièce.
C’est terrifiant, c’est anodin.
Un secret de Paris de plus, un de moins.
Un regard, une trogne, un visage, un faciès,
Une tête…

Une bête, du sel, une tête,
Dans les catacombes, poursuivent leur quête…

.

PAUL LAURENDEAU (pour LAUBER)

L’imagiaire des eaux et des pierres, ÉLP éditeur, 2015, 3,49 € – 4,59 $.
Pour de plus amples informations, ou pour lire des extraits de cet ouvrage, voir la page qui lui est consacrée sur le site d’ÉLP éditeur.

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