Urne cinéraire (Remémoration)

Ainsi, peut-être hors de sa vision darne,
D’un pestilentiel effluve, la lucarne
Se drape aux vapeurs d’or de son antre éclairci ;
La Cyprine indolente, âpre et farouche si
Le Phœnix attendu, en répliquant se cabre,
Ouvrant aux mobiliers que le fardeau délabre,
Cet arcane usuel dont les métaux luisants,
Dorment au sein des plis cadavéreux des ans.
D’une ambiguïté, sereine, la névrose,
Opiniâtrement, de son dressoir morose,
Exhume, horizon mort d’une ample aridité,
Les divers monstres noirs de sa nitidité.
On ne sait quel émoi d’une invisible cendre,
En ses pieuses mains, s’acharne à redescendre,
Et, sortant des marais léthéens et voilés,
S’effare impunément sous des plafonds talés.
Pour ne point avilir la fête nuptiale,
Selon cet œil souffrant que prône, glaciale,
Une ombre héréditaire en l’urne d’un pleur peint :
Supérieurement, sur l’éclat cisalpin,
Se dresse un masque froid de grâces ponctuelles,
Aux sublimations des rixes actuelles,
Où rit, du clair amour au sonore beffroi,
Le démon secoué d’un sépulcral effroi.

 

THOMAS FALLET

Poème inédit

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