Les cascades

Dans un désastre obscur d’où scintillent des nimbes,
Abominablement de licornes ruées,
Se cabre au soupirail érectile des limbes,
Le vierge enfant dont l’œil cercle boue et nuées.

De sa voix sirupeuse aux accents de viole,
S’épanche un vain soupir sur le soir illuné,
Dont le spasme profond que son âme étiole,
Ensemence la peur farouche du damné.

Scrutant les alentours, sans bâton ni bougies,
Parmi les monstres d’or, les coulures d’éthers,
Il nargue au sillon clair fendant les eaux rougies,
Ces yoles d’exilés pleins de chancres amers.

Et par l’humble candeur de ses paupières rousses,
Qu’attise le flot lourd de secret balancier,
L’enfant meurtri ne voit s’exposer sur les mousses,
Un cruel et navrant sarcophage d’acier !

THOMAS FALLET

Poème inédit

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s