L’argent

Blessure des motsL’immense vie en deuil
Hurle sa plainte aiguë
Quand des poisons, chers
Aux plus noirs des camelots,
Décochent dans ton cœur
Leurs flèches de ciguë
En te décervelant
D’objets vils et pâlots.
Entre deux biens fumeux, un âpre gain t’obsède ;
Ton œil mangé de lucre enfle d’éclairs méchants ;
Tu crois le posséder mais l’argent te possède,
Histrion abêti sous le cul des marchands.
Allez, va renifler tes prochains bénéfices,
Va donc sur le néant vomir n’importe quoi
Puis croque ta fortune au fond des immondices,
Esclave du comment, orphelin du pourquoi.
Argent ! mes boyaux fous lâchent cent loups rebelles
Et, tandis que souillé par les mêmes crétins,
Un idéal saignant pleure dans les poubelles,
Je te dis cent fois « merde » avec mes intestins.

.

THIÉRRY CABOT

La blessure des mots, ÉLP éditeur, 2013, 3,49 € – 4,59 $.
Pour de plus amples informations, ou pour lire des extraits de cet ouvrage, voir la page qui lui est consacrée sur le site d’ÉLP éditeur.

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