La plantée des clous

Savez-vous planter des clous,
Petit bourdon qui bourdonne
Aux abords des piquants fous
Près d’un chardon polychrome.

Et savez vous que la ronce,
C’est un bras qui se durcit.
C’est un sourcil que se fronce,
Hérissé de mille soucis.

Savez-vous que le chardon,
C’est un sac de nœuds rétif.
Que le ventre d’un bourdon
C’est velu, mou et poussif.

Et que des brassées de ronce
Ça met de l’avant des thèses
Que le sens commun dénonce
Comme irritantes foutaises.

Savez-vous que les symbioses
Sont des défis et des niques
Qui imposent la crise des choses
Aux tréfonds de nos logiques.

Et savez vous que la rose,
Elle aussi, a des épines
Et pourtant on daigne, on ose
La frôler de nos narines.

Et savez vous que le chardon
Est une notion difficile.
Que sa réponse au bourdon
Est une aporie gracile.

Il faut dire que la pierre ponce
Agit sans sens du devoir.
Elle est plus douce que la ronce,
Cette petite arnaque sans gloire.

Faites-la, la plantée des clous
Dans la bonne construction.
La nature est un licou
Sans pitié, sans concession.

C’est un mobile qui lie, qui noue
Ronces, bourdons et chardons.

.

PAUL LAURENDEAU (pour LAUBER)

L’imagiaire vergners, ÉLP éditeur, 2013, 3,49 € – 4,59 $.
Pour de plus amples informations, ou pour lire des extraits de cet ouvrage, voir la page qui lui est consacrée sur le site d’ÉLP éditeur.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s