La messe rouge

La messe rouge
A lieu imperturbablement
Et indubitablement
Dans des soubassements.
Elle mobilise tout ce qui bouge
Sous un grand arc vernaculaire,
Loin sous terre.
On n’y prie pas, vous le devinez bien.
Il est bien loin, bien loin, le divin,
Pas combattu ou rejeté, en fait.
Plutôt oublié, négligé,
Dégingandé, déchiqueté, évaporé, édulcoré.
Le divin, il s’est pulvérisé au faite
Et ici c’est la messe rouge des bas fonds,
La radicale convocation
De la modernité sans illusion
Qui contemple un arc brisé
En négligeant ouvertement de litaniser
On de psalmodier.
Ici, il n’y a rien
Que de la pierre et les traces durables des labeurs
Antérieurs,
Des réussites, des succès
Et des erreurs aussi, des bourdes, des gaffes.
C’est pas une cathédrale ou un palais,
Ici, plutôt un cénotaphe.
Le crucial temple souterrain de l’indifférence

.

PAUL LAURENDEAU (pour LAUBER)

L’imagiaire des eaux et des pierres, ÉLP éditeur, 2015, 3,49 € – 4,59 $.
Pour de plus amples informations, ou pour lire des extraits de cet ouvrage, voir la page qui lui est consacrée sur le site d’ÉLP éditeur.

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