Paprika

Tu as su, Paprika
Me colorer les œufs
Je n’étais pas très vieux
Mais je me souviens de ça
Cette coloration
Me détermina tant
Que ce rouge de mes œufs
Me sort ce soir par les yeux.

Tu as vu, Paprika
À donner sa saveur à ma viande
Quand j’étais d’un âge beaucoup plus tendre
Que mes biftecks eux-mêmes, de ce temps-là
Et je repense à ton goût, ton éclat
Quand je te vois tomber en neige
Dans ma psyché, en soutenant le siège
D’une vie si fade, quand tu n’y es pas.

Vieux comparse, Paprika
Indubitablement, tu es un cas.
Et je comprends les anciens flibustiers
De mes somptueux romans illustrés
D’en être venus aux mains
Là-bas, au loin, dans les confins
Pour un petit peu contrôler
Tes mirifiques et mystérieux marchés.

Enfantin Paprika.
Tout ça, c’était autrefois…
Car aujourd’hui, je n’assaisonne plus
Cela me brûlerait bien trop l’orifice du…
Enfin, Paprika, salut!

.

PAUL LAURENDEAU

Poème inédit